93 plateformes, 194 000 barils : les opportunités pour les services pétroliers liées à la prochaine vague de production au Venezuela
L'analyse met en évidence un facteur clé qui détermine le rythme de la reprise au Venezuela : l'accès aux équipements, aux services et à l'expertise technique nécessaires pour transformer la dynamique d'investissement en une croissance durable de la production. Le ministère vénézuélien du Pétrole s’est fixé pour objectif de disposer de 93 plateformes de forage en activité d’ici 2028, principalement dans la ceinture de l’Orénoque. Pourtant, l’activité reste limitée : selon le décompte de Baker Hughes, seules deux plateformes étaient en activité fin mars, toutes deux au service d’opérations menées par Chevron. Combler ce déficit de capacité représente l’une des opportunités les plus importantes découlant de la réouverture du secteur amont au Venezuela.
Alors que les opérateurs, les investisseurs et les prestataires de services évaluent le prochain cycle d’investissement au Venezuela, les partenariats joueront un rôle central pour concrétiser les ambitions de production sur le terrain. La « Venezuela Energy Week », qui se tiendra du 26 au 29 octobre à Caracas, réunira des représentants des pouvoirs publics, des opérateurs, des investisseurs et des prestataires de services pétroliers afin d’explorer les technologies, les partenariats et les modèles d’investissement susceptibles de soutenir la relance du secteur énergétique du pays.
Relancer la capacité, stimuler la croissance
La première phase de la reprise au Venezuela devrait se concentrer sur la remise en service des infrastructures existantes et l'optimisation des actifs arrivés à maturité. Plutôt que de lancer de tout nouveaux projets de développement, les opérateurs donnent la priorité à la remise en production des gisements et des équipements existants.
Les activités récentes illustrent bien cette approche. Selon Reuters, au moins neuf plates-formes terrestres d'une puissance comprise entre 500 et 1 500 chevaux-vapeur auraient été remises en service, tandis que d'autres unités font actuellement l'objet d'évaluations techniques, les opérateurs cherchant à déterminer les moyens les plus rapides d'augmenter la production.
Les activités de Chevron illustrent le potentiel de cette stratégie axée sur les sites existants. L’analyse de Rystad identifie l’entreprise comme un acteur clé de la croissance prévue de la production des compagnies pétrolières internationales (IOC), les gains devant provenir en grande partie de l’optimisation des coentreprises existantes. Les exportations de Chevron sont passées d’environ 100 000 barils par jour en décembre à 300 000 barils par jour en mars, grâce à la remise en service des capacités de production existantes. Cependant, alors que le Venezuela passe d’une reprise initiale de la production à une expansion à plus long terme, les besoins iront au-delà de la simple remise en service des équipements à l’arrêt.
Développer les capacités de la prochaine génération dans le secteur pétrolier
Les ambitions du Venezuela en matière de production nécessiteront un vaste écosystème de prestataires de services capables d'assurer le forage, la maintenance, l'optimisation des puits et la modernisation des infrastructures. La demande devrait concerner l'ensemble de la chaîne de valeur des services pétroliers, notamment les appareils de forage, les systèmes de levage artificiel, les technologies de complétion des puits, les pompes, les vannes, les compresseurs et les solutions numériques destinées à améliorer l'efficacité opérationnelle des actifs matures.
Pour les prestataires de services internationaux, les fabricants d'équipements et les entrepreneurs spécialisés, la réouverture du Venezuela offre l'opportunité de nouer de nouveaux partenariats commerciaux sur un marché présentant un potentiel important en termes de ressources et des besoins opérationnels considérables.
Les principaux prestataires de services pétroliers surveillent déjà le marché. SLB et Halliburton, qui avaient réduit leurs activités suite à l’instauration des sanctions américaines en 2019, ont manifesté leur intérêt pour de futures opportunités à mesure que la conjoncture commerciale évolue. Les petits opérateurs et sous-traitants se préparent également à reprendre leurs activités : la société française Maurel & Prom, par exemple, poursuit ses projets visant à installer une barge de forage sur le lac Maracaibo cette année.
Le défi à relever ne consiste pas simplement à augmenter la production, mais à veiller à ce que le Venezuela dispose des capacités techniques, des équipements nécessaires et du soutien de la chaîne d’approvisionnement requis pour assurer une croissance durable. À mesure que ces opportunités se concrétiseront, la « Venezuela Energy Week 2026 » offrira une plateforme aux opérateurs, aux prestataires de services, aux investisseurs et aux décideurs politiques afin d’identifier les partenariats indispensables pour soutenir la prochaine phase de développement énergétique du pays.
La croissance de la production dépendant des entreprises capables de fournir l'expertise, les équipements et les services nécessaires pour accélérer la reprise, l'avenir du Venezuela ne sera pas seulement déterminé par le nombre de barils qu'il pourra produire, mais aussi par les partenaires qui contribueront à les exploiter.
Soutien à la reconstruction après le tremblement de terre au Venezuela
Nos pensées vont aux personnes et aux communautés touchées par les récents séismes au Venezuela. Alors que le pays entame un long processus de relèvement, nous encourageons les acteurs du secteur énergétique mondial à soutenir les efforts de secours et de reconstruction par le biais du Fonds de relèvement et de reconstruction de la CAF pour le Venezuela, qui canalise les contributions des particuliers, des entreprises et des organisations vers l’aide d’urgence, les services essentiels et les efforts de reconstruction à long terme.
Pour en savoir plus ou faire un don, rendez-vous sur la page du Fonds de relance et de reconstruction de la CAF pour le Venezuela.

