Chevron, Eni et GeoPark sont sur le point de conclure les prochains contrats énergétiques au Venezuela
Ces accords interviennent alors que le Venezuela intensifie ses efforts pour relancer une industrie pétrolière mise à mal par des années de sous-investissement, de sanctions et de déclin opérationnel. Ils s’inscrivent également dans le prolongement d’un accord américano-vénézuélien de bien plus grande envergure, annoncé fin août et portant sur 17 gisements pétroliers, ce qui souligne l’ampleur de la dynamique internationale actuellement en marche dans le secteur énergétique du pays. Pour les investisseurs qui suivent de près cette réouverture, les accords signés au cours de la semaine dernière offrent un aperçu particulièrement utile des prochaines destinations possibles des flux de capitaux.
Chevron renforce sa présence dans la région de l'Orénoque
Les accords conclus par Chevron comptent parmi les plus importants. Le 2 septembre, ce géant américain a signé des accords validant la conversion de ses coentreprises Petroboscán, Petropiar et Petroindependencia au nouveau cadre réglementaire sur les hydrocarbures, tout en obtenant de nouveaux droits d’exploitation dans la ceinture de l’Orénoque. Chevron prévoit d’investir plus de 7 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années afin de porter la production vénézuélienne à environ 600 000 barils par jour d’ici 2031, notamment grâce au développement des zones Carabobo 1 et Carabobo-2-Sud-A par l’intermédiaire de Petroindependencia.
Cette expansion s'appuie sur la présence actuelle de Chevron dans le bassin de l'Orénoque et confère à l'entreprise un rôle central dans la prochaine phase de développement du pétrole lourd au Venezuela. Chevron a annoncé le 8 septembre qu'elle prévoyait également de plus que doubler le nombre d'appareils de forage qu'elle exploite dans le pays, dans le cadre de sa stratégie de croissance quinquennale.
GeoPark explore les opportunités offertes aux nouveaux venus
L'arrivée de GeoPark offre désormais un exemple concret des opportunités qui s'offrent aux nouveaux venus. Le 4 septembre, GeoPark et Grupo Gilinski ont finalisé un contrat de participation à la production (CPP) d'une durée de 25 ans avec PDVSA pour le bloc de pétrole lourd de Bare, situé dans la ceinture de l'Orénoque. GeoPark assurera l'exploitation du bloc et financera 100 % des dépenses d'investissement dans le cadre des programmes de travail approuvés, la société détenant une participation nette de 65 % au titre de la structure CPP.
Bare représente un projet de réaménagement à grande échelle d'une friche industrielle dotée d'installations de production et d'infrastructures existantes, offrant ainsi à GeoPark une plateforme pour s'implanter au Venezuela tout en visant une croissance à long terme de la production et de la récupération. Cet accord constitue un premier test permettant de déterminer si le cadre révisé est en mesure d'attirer de nouveaux opérateurs internationaux aux côtés des entreprises déjà implantées dans le pays.
Eni se développe dans les secteurs du pétrole et du gaz
Eni bénéficie d'une présence déjà bien établie. Le géant italien exploite le gisement de gaz de Perla au large des côtes vénézuéliennes en partenariat avec l'espagnol Repsol et détient des participations dans le gisement pétrolier offshore de Corocoro ainsi que dans le projet Junin-5, situé dans le bassin de l'Orénoque. En avril, Eni a signé un accord avec le Venezuela visant à relancer Junin-5, un projet d'exploitation de pétrole lourd recelant environ 35 milliards de barils de réserves certifiées.
Cet accord préliminaire a désormais donné lieu à un contrat définitif. Le 2 septembre, Eni et PDVSA ont signé un contrat de partage de production d’une durée de 25 ans pour Junín 5, aux termes duquel Eni devient l’opérateur exclusif et assume la responsabilité de la gestion technique, financière et commerciale du gisement.
La position d’Eni montre comment cette réouverture pourrait créer des opportunités tant dans le secteur pétrolier que gazier, plutôt que de se contenter de relancer la production actuelle de brut au Venezuela. Le portefeuille vénézuélien plus large de la société comprend également le projet gazier Perla, ce qui souligne que les investissements pourraient s’étendre au-delà de la production pétrolière à mesure que le cadre réglementaire évolue.
La réouverture du Venezuela entre dans une nouvelle phase
Ces accords interviennent alors que le secteur pétrolier vénézuélien montre des signes de reprise. La production de brut vénézuélien s'élève désormais à environ 1,25 million de barils par jour, après des années de déclin liées au sous-investissement, aux sanctions et à la détérioration des conditions d'exploitation.
Les accords signés depuis le 2 septembre laissent penser que la prochaine étape ne dépendra pas seulement de l’arrivée ou non d’entreprises internationales au Venezuela, mais aussi de la rapidité avec laquelle celles-ci pourront traduire leurs nouveaux droits contractuels en investissements, en réhabilitation des infrastructures et en augmentation de la production. L’expansion de Chevron, l’arrivée de GeoPark et le développement du projet Junín 5 par Eni constituent autant de voies différentes pour saisir cette opportunité.
Ils participeront également aux discussions commerciales organisées dans le cadre de la « Venezuela Energy Week 2027 », qui se tiendra du 22 au 25 février à Caracas. Cet événement réunira des représentants du gouvernement, des investisseurs internationaux, des grandes compagnies pétrolières, des compagnies pétrolières nationales, des financiers et des prestataires de services, alors que le cadre d’investissement réformé du Venezuela passe de la phase politique à celle des projets et des partenariats.
Soutien à la reconstruction après le tremblement de terre au Venezuela
Nos pensées vont aux personnes et aux communautés touchées par les récents séismes au Venezuela. Alors que le pays entame un long processus de relèvement, nous encourageons les acteurs du secteur énergétique mondial à soutenir les efforts de secours et de reconstruction par le biais du Fonds de relèvement et de reconstruction de la CAF pour le Venezuela, qui canalise les contributions des particuliers, des entreprises et des organisations vers l’aide d’urgence, les services essentiels et les efforts de reconstruction à long terme.
Pour en savoir plus ou faire un don, rendez-vous sur la page du Fonds de relance et de reconstruction de la CAF pour le Venezuela.

