Le plan de croissance de Chevron au Venezuela, qui prévoit une augmentation de 50 %, laisse entrevoir de nouvelles opportunités pour le secteur pétrolier américain
Cette dynamique sera au cœur des débats lors du salon « Venezuela Energy Week Houston Industry Showcase », qui se tiendra le 19 août. Cet événement rassemble des opérateurs, des prestataires de services, des fournisseurs d'équipements et des bailleurs de fonds américains, alors que le Venezuela s'apprête à transformer le regain d'intérêt des investisseurs en une croissance de la production.
Chevron donne le ton
L'échange d'actifs conclu en avril 2026 entre Chevron et la société publique vénézuélienne PDVSA vient renforcer sa stratégie. La société a augmenté sa participation dans Petroindependiente de 13,21 % pour la porter à 49 %, tandis que Petropiar a obtenu les droits d'exploitation du gisement adjacent Ayacucho 8, situé dans la ceinture de l'Orénoque. Parallèlement, Chevron a cédé à PDVSA les blocs 2 et 3 de la Plataforma Deltana ainsi que sa participation de 25,2 % dans Petroindependiente.
Cet accord concentre la présence de Chevron au Venezuela sur les actifs liés au pétrole brut lourd, domaine dans lequel son expertise technique et ses infrastructures existantes lui confèrent des avantages immédiats. Ayacucho 8 peut tirer parti du réseau d'exploitation bien établi de Petropiar, tandis que la participation plus importante dans Petroindependencia renforce la position de Chevron dans le bassin de l'Orénoque sans nécessiter la mise en place d'une infrastructure entièrement nouvelle.
La situation financière de Chevron apporte une nouvelle dimension à cette affaire. M. Bonner prévoit que la société aura entièrement récupéré la dette historique de PDVSA d’ici début 2027, tandis que les négociations se poursuivent avec Caracas concernant les conditions fiscales. La volonté de Chevron d’envisager de nouveaux investissements montre que le Venezuela doit rivaliser pour attirer les capitaux avec d’autres actifs de son portefeuille mondial.
C'est là que les perspectives s'élargissent. Le Venezuela a besoin de capacités de forage, de reconditionnement et de maintenance pour transformer son potentiel de production en barils réels, les autorités estimant que jusqu'à 93 appareils de forage actifs seront nécessaires d'ici 2028. La remise en exploitation de sites existants pourrait donc générer une demande immédiate d'appareils de forage, de services de cimentation, de stimulation, de levage artificiel, de pompes, de vannes et de services liés aux pipelines.
Les entreprises de services américaines emboîtent le pas
SLB constitue l'un des exemples les plus évidents, sur le plan technologique, de l'entrée d'une entreprise de services américaine au Venezuela. Après avoir maintenu une présence de 97 ans au Venezuela, la société a signé, le 10 juin, un protocole d'accord avec PDVSA portant sur l'exploration, le développement de gisements et la formation du personnel. Ses perspectives d'activité couvrent le diagnostic numérique, la modélisation des réservoirs, l'intelligence artificielle et les systèmes de pompage assisté pour les puits matures à haute viscosité de l'Orénoque.
Autre signe tout aussi significatif, Jeff Miller, PDG d’Halliburton, a récemment déclaré que les ingénieurs de l’entreprise avaient achevé leurs visites des installations vénézuéliennes et négociaient actuellement les conditions commerciales avec les opérateurs. Ce retour potentiel permettrait de soutenir les activités de cimentation, de stimulation, de gestion des fluides et de construction de puits, tout en remettant en service les équipements conservés et l’infrastructure de services. De son côté, Lorenzo Simonelli, PDG de Baker Hughes, a adopté une approche plus prudente, reconnaissant que la reprise au Venezuela nécessite davantage que du matériel de forage. Il faut également rétablir un approvisionnement électrique fiable, les infrastructures de collecte, l’intégrité des puits et les systèmes de production, ce qui créera des opportunités dans les services souterrains, les équipements industriels et la maintenance sur site.
Prises dans leur ensemble, ces études de cas montrent comment la croissance de la production de Chevron peut se répercuter sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. Cet écosystème émergent offre à la réouverture du Venezuela un test commercial concret le 19 août. Dirigé par la ministre des Hydrocarbures, Paula Henao, et soutenu par PDVSA, le « Venezuela Energy Week Houston Industry Showcase » rassemble des opérateurs américains, des sociétés de services, des fournisseurs d’équipements et des bailleurs de fonds autour d’un portefeuille d’investissements qui prend désormais concrètement forme.

