Les négociations commerciales au Venezuela s'intensifient à l'approche de la « Semaine de l'énergie »
En l'espace de cinq jours, le pays a annoncé une série d'accords avec GE Vernova, Shell et SLB portant sur la production d'électricité, l'exploitation gazière offshore et la modernisation du secteur amont, marquant ainsi l'une des vagues les plus intenses d'accords internationaux dans le domaine de l'énergie depuis que Caracas a commencé à rouvrir son secteur énergétique aux investissements étrangers.
La dernière initiative en date remonte au 15 juin, date à laquelle le Venezuela a signé un protocole d'accord avec GE Vernova en vue de la remise en état et de l'extension du réseau électrique du pays. Cet accord prévoit l'ajout d'une capacité de production de 1 GW d'ici deux ans et de plus de 5 GW d'ici quatre ans, ce qui permettra de lever l'un des principaux freins à la croissance industrielle et au développement du secteur énergétique.
Quelques jours auparavant, le Venezuela avait finalisé cinq accords avec Shell, notamment concernant la participation de la société au gisement de gaz offshore de Loran, une découverte transfrontalière dont les réserves sont estimées à environ 7 Tcf de gaz naturel. Cet ensemble d’accords comprend également des initiatives visant à optimiser la production dans le nord de Monagas, ainsi que l’acquisition d’équipements destinés à réduire le torchage du gaz. Associé au projet Dragon, le gisement de Loran devrait permettre au Venezuela de réaliser ses premières exportations de gaz offshore vers Trinité-et-Tobago en vue de la transformation en GNL.
Par ailleurs, SLB a renforcé sa collaboration avec PDVSA grâce à un accord-cadre à long terme visant à moderniser le secteur pétrolier et gazier vénézuélien par le biais de technologies numériques de pointe, de processus de travail basés sur l'intelligence artificielle et d'un soutien au développement des gisements. Ce partenariat témoigne d'un intérêt croissant non seulement pour la relance de la production, mais aussi pour l'amélioration de l'efficacité opérationnelle dans l'ensemble du secteur amont vénézuélien.
Ces annonces s'inscrivent dans le cadre d'une vague plus large d'engagements internationaux. BP a signé en avril un accord visant à exploiter le gisement de gaz offshore de Cocuina-Manakin et à explorer des opportunités à Loran, tandis que des entreprises telles qu'Eni, Repsol et Chevron ont intensifié leurs investissements ou renforcé leur présence, alors que le Venezuela cherche à attirer à nouveau des capitaux et une expertise étrangers dans son secteur énergétique.
Ces accords concernent les secteurs de l'électricité, du gaz et du pétrole, et témoignent d'une reprise plus générale de l'activité commerciale, les entreprises internationales se positionnant pour jouer un rôle plus important dans la relance du secteur énergétique vénézuélien.
Cette dynamique devrait dominer les débats lors de la « Venezuela Energy Week », qui se tiendra à Caracas du 26 au 29 octobre, et où se réuniront des représentants du gouvernement, des opérateurs, des financiers et des prestataires de services, alors que le Venezuela cherche à transformer le regain d’intérêt des investisseurs en projets concrets. Alors que de grandes entreprises internationales mènent déjà des projets dans les secteurs de l’électricité, du gaz et de l’amont, les discussions devraient porter principalement sur la mise en œuvre, le déploiement des capitaux et la réalisation des projets.
Pour un pays longtemps caractérisé par un potentiel de ressources inexploitées, la récente vague d'accords suggère que le Venezuela commence à réintégrer de manière concrète le circuit mondial des transactions énergétiques. De plus en plus, l'engagement international ne se mesure plus à l'aune des manifestations d'intérêt, mais à celle des accords signés, des capitaux engagés et des projets en cours de réalisation.
